Jiankou : la muraille de chine “sauvage”

Après avoir vérifié la météo, nous nous décidons pour partir sur la grande Muraille de Chine. Ciel dégagé prévu pour les deux prochains jours, nous ne pouvons pas louper cette opportunité.

Notre expédition sur la Grande Muraille a fait l’objet de nombreuses réflexions : quel tronçon en fonction de la difficulté de celui-ci ?  Bivouac ou non ?

Finalement, nous nous décidons pour le tronçon de Jiankou qui rejoint la partie touristique de Mitianyu. Jiankou aussi appelé “Arrow Nock” car la forme de ses crêtes ressemble à des encoches de flèches.

La section Jiankou du mur a été construite en 1368 pendant la période de la dynastie Ming. Elle est faite de grosses pierres de couleur claire visible de très loin.

Andy l’a faite et d’après ce qu’on en lit sur le net, il y a des passages quasi en escalade …. nous n’allons pas tenté le diable et optons pour un tronçon facile de Jiankou (le but n’étant pas d’être rapatrié dès la première semaine).

Le jour J, nous décollons à 11h30 et rejoignons la station de bus à pied. Le bus 916 nous emmène dans une petite ville Hairou, première étape pour rejoindre la muraille. Nous profitons de l’heure et demi de trajet pour nous reposer.

Une fois arrivés à Hairou, des taxis au black nous alpaguent. Nous avons bien été prévenus… les prix qu’ils nous indiquent sont en fonction de la tête du client. Etant Européen, ils mettent la barre haute. Il nous demande 200 Yuans pour nous emmener là où nous souhaitons, au petit village Xixhasi. En temps normal, le trajet vaut entre 100 et 150 Yuan. Dans la bus, nous avions préparé notre stratégie de négo. Nous indiquons que nous n’avons que 70Y sur nous. Le Taxi refuse et descend rapidement ces prix : 170Y, 150Y. On ne lâche rien. Il continue de baisser 120Y. On ne lâche toujours pas mais il refuse de baisser davantage. (Nous avions prévu 50Y supplémentaires dans des poches cachées). On lui propose 30Y de plus. Il est ok pour 100Y. Le tour est joué, on monte dans le black taxi (plutôt un vieux tacot, qu’importe !)

Après 30 à 45 minutes à travers la montagne, nous voilà à l’entrée du village où nous sommes censés payer un droit de passage de 20Y pour grimper sur le mur mais personnes n’est au guichet.

Le chauffeur avant de nous quitter, nous baraguine des trucs à moitié anglais, à moitié chinois … nous ne comprenons rien ! Nous finissons par lui donner 10Y supplémentaires ; il est content mais ce n’était pas ça qu’il voulait !

Sans comprendre davantage, nous le quittons et nous dirigeons vers le village. Nous demandons à une vieille dame en langage des signes notre chemin … elle comprend (on devient bon !).

Nous voila sur le petit chemin de terre que nous cherchions. Cette partie de la muraille est interdite au public pour autant, le chemin pour y accéder est bien balisé et les gens du village vivent en partie de ça.

Dans notre ascension pour rejoindre la Muraille nous tombons nez à nez avec Antoine et Stéphanie, deux couchsurfeurs hébergés en même temps que nous chez Andy. C’est quand même dingue de les croiser alors que nous sommes perdus au milieu de rien et sachant qu’ils sont arrivés d’un autre village après 5heures de rando. Eux redescendent, ils ont bien vu la muraille mais nous disent ne pas pouvoir continuer car une partie s’est effondrée. Qu’importe, nous n’avons pas l’intention de redescendre, il est tard et le village est désert à cette heure là. D’après nos informations, notre chemin devrait rejoindre la partie du mur après la partie effondrée et nous devrions pouvoir rejoindre directement la partie touristique en suivant la muraille. Nous finirons par les retrouver le lendemain sur la muraille. Le monde est petit en fait! 🙂

Après 1h d’ascension dans la forêt, nous trouvons sans difficulté la muraille, juste à temps pour assister au coucher du soleil. Sur cette section, la végétation a repris ses droits et envahit la muraille. Le paysage est sensationnel. Nous choisissons une tour où passer la nuit. Un chinois, Tao, est déjà la. Il parle quelques mots anglais et accepte que nous passions la nuit avec lui sur le toit d’une des tours. Un groupe de jeunes nous rejoignent dans la soirée. Pour notre plus grand bonheur, le ciel est dégagé et laisse percevoir des milliers d’étoiles. Nous passons la soirée à les contempler et avons la chance d’y voir nos premières étoiles filantes.

4:12 du matin, le ciel s’éclaircit … nous nous réveillions pour ne pas manquer le lever du soleil ! il n’y a qu’un seul fuseau horaire pour toute la chine, alors forcément, plus on est à l’est, plus le soleil se lève tôt. Le soleil pointe son nez 1h plus tard. Nous déjeunons devant ce spectacle. Nous avons toujours la chance d’avoir un ciel dégagé, qui nous offre des dégradés de couleurs magnifiques.

Pour profiter de la partie touristique à Mitanyu avant l’arrivée massive des touristes, nous décollons vers 6h30 du matin de notre camps de base, remerciant Tao d’avoir partager ce moment avec nous.

Après 2h de randos sur la partie interdite, nous voila sur la partie de la muraille restaurée et ouverte aux touristes… les bus ne doivent pas être encore arrivés : nous sommes seuls sur la Grande Muraille !

Nous croisons vers 9:00 les premiers touristes : 3 américains qui gravissent la Muraille au pas de course !

Après 3h de rando à la fraiche, nous descendons au village très touristique de Mitanyu pour y trouver un bus. Nous recroisons le groupe de 6 avec qui nous avons passé la soirée. Nous devons faire 3km à pied pour rejoindre l’arrêt de bus nous amenant à Hairou. De nombreux Black taxis nous alpaguent mais nous continuons à pied. En chemin, nous nous arrêtons prendre quelques bières dans une échoppe au bord de la route … et goutons la glace aux petits pois (Pas mauvais mais on n’ira pas jusqu’à dire que c’est bon ^^). Désaltérés, nous reprenons le chemin vers la station de bus où d’autres black taxis nous attendent. Nous finissons par en prendre un pour 5 Y par personne mais à ce prix là, nous avons un mini bus qui ressemble davantage à un Kangoo avec 2 bancs sur lesquels s’assoir dans le coffre !

10 reflexions sur “Jiankou : la muraille de chine “sauvage”

  1. Pingback: PEKIN : Point de départ de notre périple – Suivez nous à la trace !

  2. Thierry

    Bonjour a vous Deux,

    Pour une entrée en matière c’est une belle entrée. Ca incite a wikipedier sur le sujet et découvrir un peu plus sur cette construction surhumaine.

    On attend la suite des aventures, un peu comme “Tintin et Le Lotus bleu” 😉

    Bonne continuation,
    Thierry

    1. ant Auteur de l'article

      En général, c’est de la Tsingtao. Mais dans tous les cas, c’est de la Pils. C’est un pays fait pour toi Quentin, la bière de 75cl à 50centimes d’euros. :p

    1. ant Auteur de l'article

      De la Pils mais on s’y fait 🙂 C’est rafraichissant et c’est au même prix que l’eau. En Mongolie Intérieure, on était à la limite de l’overdose… ils boivent vraiment comme des trous ces chinois! Tu aurais quelques leçons à prendre ici 😉

    1. ant Auteur de l'article

      C’est une bonne question ! Installés sur notre tour de guet, on devait être à 1710m du coup ^^ En tout cas, nous avons bien grimpé pour arriver jusqu’à la muraille! Nous n’avons pas été au point culminant de cette partie de la muraille qui s’appelle “L’aigle volant” car soit disant c’est si dangereux que même les aigles ont peur d’y aller (pente entre 70 et 80°)… nous, avec notre pauvre assurance visa, avons préféré éviter de prendre ce risque … mais ca doit être magique vu d’en haut.

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